Le Karma Yoga


LE YOGA DE L'ACTION (KARMA-YOGA)

expliqué par la Bhagavad Gîtâ.

Mais celui qui, maîtrisant ses sens par le mental, entreprend dans le détachement de pratiquer le karma yoga, le yoga de l'action, en mettant en oeuvre ses facultés d'action, il excelle. Bh.G III.7.

Qui sait voir dans l'action le non-agir et dans le non-agir l'action, celui-là entre tous les hommes possède la vigilance de l'esprit, celui-là est unifié, bien qu'il fait toutes sortes d'actions. Bh.G IV.18.

Celui dont toutes les entreprises sont affranchies du désir et du plaisir, c'est lui que les gens avisés nomment un érudit, lui dont l'agir est brûlé par le feu de la connaissance. Bh.G IV.19.

Abandonnant tout attachement au fruit de l'acte, éternellement satisfait, sans aucun appui, en dépit du fait qu'il est dans l'action, il ne "fait" absolument rien. Bh.G IV.20.

Ne désirant rien, maître de son mental et de son âme, parce qu'il a renoncé à toute appropriation et qu'il n'accomplit seulement que des actes corporels, il ne tombe en aucune faute. Bh.G IV.21.

Satisfait de ce qu'il reçoit naturellement, ayant surmonté la dualité, les couples des contraires, exempt d'égoïsme, toujours le même dans le succès comme dans l'insuccès, bien qu'il agisse il n'est pas lié. Bh.G IV.22.

Quand tout attachement s'en est allé, qu'il s'est affranchi de tout lien, que son esprit s'est établit dans la connaissance et qu'il agit uniquement en vue du sacrifice, son acte se dissout complètement. Bh.G IV.23.

Le Brahman est son acte oblatoire, le Brahman son oblation versée par le Brahman dans le feu qui est Brahman. Certes, il faut bien qu'il aille au Brahman, celui qui s'absorbe complètement en l'acte sacrificiel qui est Brahman. Bh.G IV.24.

Parmi les yogis, les uns honorent seulement le sacrifice adressé aux dieux; d'autres, dans le feu qui est Brahman offrent le sacrifice par le sacrifice. Bh.G IV.25.

Certains sacrifient dans le feu de la maîtrise des sens les facultés sensibles comme le son, dans le feu que sont les facultés sensibles. Bh.G IV.26.

D'autres sacrifient toutes les activités sensorielles et celles des souffles vitaux dans le feu, du yoga et de la maîtrise de soi, allumé par la connaissance. Bh.G IV.27

D'autres offrent le sacrifice de leurs biens matériels, d'autres celui du feu de leurs austérités, d'autres leur pratique du yoga, d'autres celui de l'étude et de la connaissance; tous sont des ascètes fermes en leurs observances. Bh.G IV.28.

D'autres offrent le souffle inspiré dans le souffle expiré et le souffle expiré dans le souffle inspiré par l'arrêt du processus d'inspiration et d'expiration. Leur sacrifice est l'obtention de la parfaite maîtrise de leur souffles vitaux par la pratique du prânâyâma. D'autres restreignent leur nourriture et par là sacrifient leurs fonctions vitales dans leurs fonctions vitales. Bh.G IV.29.

Tous ces ascètes sont experts en sacrifice et débarrassés de leurs impuretés par le sacrifice. Ayant ainsi goûté au nectar du fruit des sacrifices, ils vont à l'Eternel Brahman. Bh.G IV.30

Ainsi des sacrifices de multiples sortes sont-ils déployés au sein de Brahman. Sache qu'ils procèdent tous de l'acte. Connaissant cela, tu seras libéré. Bh.G IV.32

Car il n'existe en ce monde aucune purification égale à la connaissance. Celui qui est parfaitement accompli en yoga, avec le temps, la découvre en lui-même. Bh.G IV.38

Qui a la foi recueille la connaissance. Tendu vers elle, ses facultés sensibles maîtrisées, l'ayant obtenue, il accède à la paix suprême. Bh.G IV.39

Qui ne possède ni la connaissance ni la foi, dont l'âme est en proie au doute, celui-là se perd. Ni dans ce monde, ni dans l'autre, le bonheur n'est pour l'âme abandonnée au doute. Bh.G IV.40

Celui qui, par le yoga a renoncé à l'action, qui par la connaissance a tranché ses doutes, qui est en possession de lui-même; les actes ne l'enchaînent pas, Ô Dhamanjaya. Bh.G IV.41

Ainsi donc, avec l'épée de ta propre connaissance, tranche ce doute né de l'ignorance qui réside en ton coeur, recours au yoga: debout Ô Bhâratide. Bh.G IV.42

L'état auquel accèdent les adeptes de la discipline spéculative du Samkhya est celui-même où parviennent les adeptes de la discipline pratique du yoga. Celui qui regarde comme ne faisant qu'une les disciplines spéculative du Samkhya et pratique du yoga, celui-là voit juste. Bh.G V.5

Mais le renoncement est difficile à atteindre sans le yoga, discipline de l'action désintéressée, Ô Arjuna aux grands bras. L'ascète unifié par le yoga parvient rapidement au Brahman. Bh.G V.6

Quand on est unifié par le yoga, l'âme purifiée, les facultés sensibles maîtrisées, son âme identifiée à l'âme universelle, bien qu'on agisse on n'est pas souillé. Bh.G V.7

"Je n'accomplis réellement aucun acte", voilà ce que pense l'ascète unifié qui connaît la réalité, cependant qu'il voit, entend, touche, sent, mange, se déplace, dort, respire. Bh.G V.8

Parle, laisse échapper ou saisis, ouvre ou ferme les yeux, mais garde toujours l'esprit fixé sur cette maxime: ce sont les sens qui opèrent sur les objets sensibles. Bh.G V.9

Celui qui, déposant ses actes en Brahman, abandonne tout attachement, lorsqu'il agit n'est pas atteint par le mal comme la feuille de lotus ne l'est pas par l'eau. Bh.G V.10

Par le corps, le mental ou l'intelligence ou les sens purifiés, les yogis ayant abandonné tout attachement, s'acquittent de leurs actions pour la purification de leur Soi. Bh.G V.11

Celui qui est unifié, abandonnant le fruit de l'acte, obtient la paix définitive; celui qui n'est pas unifié, attaché au fruit de l'acte par l'effet du désir, reste lié. Bh.G V.12

Le Brahmane parfaitement doué de sagesse et de vertu, la vache, l'éléphant, le chien, le misérable qui fait cuire de la viande de chien; sur tous, les sages portent un regard égal. Bh.G V.18

Dans cette vie il a vaincu la naissance et la mort, celui qui est établi dans l'équanimité. Le mental affermi, constant; celui qui connaît le Brahman est établi en Brahman. Bh.G V.20

L'âme libre d'attachement aux plaisirs des contacts extérieurs, ce qui est son vrai bonheur, il le trouve en soi-même. L'âme unifiée dans l'union au Brahman, il jouit d'un bonheur impérissable. Bh.G V.21

Celui qui est capable ici-bas, alors qu'il n'est pas encore délivré de son corps, de résister au désir et à la colère est un homme unifié, un homme heureux. Bh.G V.23

Celui dont le bonheur, la joie, la lumière aussi, résident à l'intérieur de lui-même; ce yogi, identifié au Brahman, accède à l'extinction finale en Brahman. Bh.G V.24

Obtiennent l'extinction en Brahman, les grands sages qui ont effacé leurs souillures, tranché la dualité et qui, maîtres de soi, travaillent au bien de tous les êtres. Bh.G V.25

Aux ascètes libérés du désir et de la colère, dont l'esprit est maîtrisé, qui ont la connaissance du Soi, s'offre l'extinction en Brahman. Bh.G V.26

Rejetant au dehors tout contact externe, fixant son regard entre les deux sourcils, égalisant les inspirations et expirations qui circulent à l'intérieur du nez, maître de ses facultés sensibles, de ses facultés mentale et intellectuelle; le Sage qui se destine à la libération ultime, rejette le désir, la peur et la colère; il est libéré à jamais. Bh.G V.27-28

Me sachant le bénéficiaire des sacrifices faits avec ardeur de tous les mondes et comme le Seigneur Bienfaiteur de tous les êtres, il obtient la paix. Bh.G V.29

Le Seigneur Bienheureux dit:

Ô Fils de Prthâ, écoute comment, conscient de Moi, pratiquant le yoga, prenant en Moi ton refuge, tu me connaîtras sans nul doute et intégralement. Bh.G VII.1

Parmi des milliers d'hommes, un seul s'efforce vers la perfection et parmi ceux parvenus à la perfection, un seul me connaîtras réellement. Bh.G VII.3

Celui qui a le savoir parfait, toujours unifié et m'adorant, l'emporte sur tous les autres. Car je suis très cher au connaisseur et le connaisseur m'est cher. Bh.G VII.17

Tous ceux-là, certes sont des gens de haut rang. Mais le Sage, et telle est mon opinion, qui a unifié son âme; il vient à Moi. Bh.G VII.18

Après de nombreuses naissances, le connaisseur qui s'abandonne en Moi dans la conviction que Vasûdeva, la cause de toutes les causes est tout; c'est très rare de rencontrer une telle grande âme. Bh.G VII.19

Ô Fils de Prthâ, accède à Moi en y pensant continuellement, ton mental et ton intelligence tournés vers Moi. Sans aucun doute tu m'atteindras. Bh.G VIII.8

Celui qui se souvient du plus ancien Maître, plus petit que l'atome soutient de tout, inconcevable, qui a la couleur du soleil et se tient au-dela des ténèbres; Bh.G. VIII.9

Au moment de la mort, le mental inébranlable, plein de dévotion et uni par la force du yoga; il amène, comme il faut le prâna entre les deux sourcils; il va à la Personne Suprême et Divine. Bh.G. VIII.10

Cet Impérissable, que ceux qui connaissent les Védas, énoncent, en qui le sage libéré du désir et qui pratique la voie de brahmacarya pénètre, je vais en bref t'expliquer. Bh.G. VIII.11

Le yoga consiste a fermer toutes les portes du corps. C'est en fixant le mental sur le coeur et aussi le prâna sur le haut de la tête qu'on obtient l'état de yoga. Bh.G. VIII.12

Etablit dans le yoga, prononçant l'unique syllabe impérissable Om, ne pensant qu'à moi, s'en va abandonnant son corps, celui-là atteint la destination suprême. Bh.G. VIII.13

Celui qui, l'esprit libre de toute distraction, se souvient toujours de moi, pour ce yogi toujours unifié, je suis aisément accessible, fils de Prthâ. Bh.G. VIII.14

Le feu, la lumière, la quinzaine où la lune croît, les six mois où le soleil va vers le nord; s'il meurt arrivé là, celui qui connaît le Brahman va au Brahman. Bh.G. VIII.24

La fumée, la nuit, ainsi que la quinzaine où la lune décline, les six mois où le soleil va vers le sud, dans ce cas; ayant atteint la lumière de la lune, le yogi de là revient en ce monde. Bh.G. VIII.25

Les deux voies, claire et sombre, sont des caractéristiques du monde des vivants; par l'une on accède au non-retour, par l'autre on revient encore. Bh.G. VIII.26

Ô fils de Prthâ, nul yogi connaissant ces voies ne s'égare; donc tu dois en tout temps être unifié par le yoga, Ô Arjuna. Bh.G. VIII.27

Ce fruit du mérite qui est indiqué dans les Védas, les sacrifices et les austérités ardents et les aumônes, le yogi le sachant le surpasse et accède au séjour  suprême originel. Bh.G. VIII.28

Ni les multitudes des dieux, ni les grands Voyants ne connaissent mon origine car je suis l'origine de tout, des dieux et des Rishis. Bh.G. X.2

Celui qui me connaît comme non-né et sans commencement, comme le Maître Suprême des mondes, celui-là parmi les mortels est délivré de toutes ses fautes. Bh.G. X.3

Intelligence, connaissance, affranchissement du doute, patience, vérité, maîtrise de soi, bonheur et malheur, existence et non-existence, peur et aussi absence de peur, et aussi non-violence, équanimité, contentement, ardeur, charité, honneur et déshonneur, toutes ces différentes choses procèdent de Moi-seul. Bh.G. X.4-5

Les sept Grands Voyants antiques, les quatre Manu aussi sont nés de mon mental; ainsi que tous les êtres dans le monde qui sont nés d'eux. Bh.G. X.6

Qui connaît réellement cette procession et ce yoga qui sont miens, est unifié par un yoga inébranlable, il n'y a aucun doute. Bh.G. X.7

Arjuna dit:

De ceux qui, perpétuellement unifiés, te servent avec dévotion ou de ceux qui adorent l'Impérissable Non Manifesté, quels sont les meilleurs experts en yoga?

Le Bienheureux Seigneur dit:

Bh.G. XII.1

Ceux qui, fixant leur mental sur Moi, constamment unifiés m'adorent remplis d'une foi extrême; ceux-là à mes yeux sont les plus accomplis. Bh.G. XII.2

Mais ceux qui se vouent à l'Impérissable Indéfinissable et Non-manifesté, Omniprésent, Inconcevable, Inaltérable, Immobile et Ferme, en maîtrisant tous leurs sens et leur mental, engagés dans le bien-être de tous les êtres, ils accèdent à Moi. Bh.G. XII.3-4

Pour ceux dont le mental s'attache au non-manifesté, la difficulté sera beaucoup plus pénible, car cette voie est d'un accès douloureux et difficile pour les êtres incarnés. Bh.G. XII.5

Mais ceux qui abandonnent en Moi tous leurs actes, attachés à Moi, m'adorent et méditent sur Moi par le Yoga; pour eux, Je suis Celui qui les retire promptement du Samsara, de l'océan de la  transmigration et de la mort, ceux-la, Fils de Prthâ, qui fixent en Moi leur mental. Bh.G. XII.6-7

Fixe en Moi ta pensée et ton intelligence, tu demeureras en Moi, il n'y a pas de doute. Bh.G. XII.8
Si tu ne peux pas fixer fermement ton mental en Moi, Ô Conquérant des richesse, alors cherche à m'atteindre par la pratique assidue du yoga. Bh.G. XII.9

Au cas où tu serais incapable à la pratique assidue, prends Moi pour fin ultime de tes actions. En me dédiant tes actes, tu obtiendras la perfection. Bh.G. XII.10

Et si tu ne pouvais même pas faire cela, fais pour Moi du yoga en te maîtrisant, pratique l'abandon total du fruit de tes actes. Bh.G. XII.11

Car la connaissance vaut mieux que la pratique assidue, ma méditation l'emporte sur la connaissance, l'abandon du fruit de l'acte sur la méditation. Par cet abandon vient la paix. Bh.G. XII.12

Sans haine à l'égard de tous les êtres, amical et compatissant, détaché du mien et du moi, égal dans la douleur et le bonheur, patient, toujours satisfait, le yogi; maître de soi et avec détermination, le mental et l'intelligence fixés sur Moi; celui-là, mon dévot, m'est cher. Bh.G. XII.13-14

Celui qui ne s'agite pas devant le monde et qui n'est pas troublé par le monde, qui est libéré de la joie de la peine et de la crainte, celui-là aussi m'est cher. Bh.G. XII.15

Celui qui est indifférent, pur, habile en tout, libre d'anxiété, qui abandonne toute entreprise, celui-là, mon dévot, m'est cher. Bh.G. XII.16

Celui qui n'exulte pas, qui ne hait pas, ne s'afflige pas, n'aspire à rien, qui se désintéresse de la prospérité comme de l'infortune, celui-là, mon dévot , m'est cher. Bh.G. XII.17

Celui qui se montre égal envers l'ennemi et l'ami, ainsi qu'à l'égard de l'honneur et du déshonneur, du chaud et du froid, du bonheur et du malheur, libre d'attachement, égal dans la louange et dans le blâme, silencieux, content de tout quoi qu'il arrive, sans demeure, la pensée ferme, plein de dévotion, cet homme m'est cher. Bh.G. XII.18-19

Mais ceux qui observent comme il est dit le Dharma, la loi; pleins de foi, me considérant comme la Fin Suprême, ceux-là, mes dévots, me sont infiniment chers. Bh.G. XII.20

Certains voient le Soi par le Soi au moyen de la méditation, d'autres par les raisonnements du Sâmkhya et d'autres par le karma yoga. Bh.G. XIII.25

Celui qui, assis comme indifférent, n'est pas ébranlé par les gunas, les qualités; et qui se disant :" ce sont les gunas, les qualités en fonction", demeure ferme. Celui qui reste en lui-même égal dans le plaisir et la douleur et qui tient pour égaux la motte de terre, la pierre ou l'or; qui regarde comme équivalents l'agréable et le désagréable, ce sage pour qui sont pareils le blâme et les éloges, celui qu'honneur et déshonneur laissent indifférent, qui traite également ami et ennemi et qui renonce à toute entreprise, il est dit de lui qu'il a dépassé les gunas, les  qualités. Bh.G. XIV.23-24-25

Les yogis qui s'y efforcent me voient présent dans leur âme; mais quelque effort qu'ils fassent, les êtres dépourvus de spiritualité ne m'y voient pas. Bh.G. XV.11


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