Lettre ouverte

A MON GURU



Maître,



Je ne sais pas pourquoi, mais il fallait que je vous écrive. Cela fait déjà longtemps que je ne vous ai plus vu ni même parlé. Mais faut-il se voir et se parler ? Bien souvent j'ai pensé à vous. Ou bien, pensiez-vous à moi ?



Notre première rencontre était tout à fait imprévue et extraordinaire…le hasard. Personnage de première importance dans nos vies, le hasard reste pourtant mystérieux et ambigu. Existe-t-il vraiment ? On dit : quand l'élève est prêt, le Maître paraît. Comme vous m'êtes apparu c'est donc que j'étais prêt. Oui, à bien y réfléchir, j'étais prêt à vous rencontrer. Je pense même que je vous attendais, que je vous espérais.



Et vous ne m'avez pas déçu, mais bien étonné. Quand on attend un maître, on est souvent étonné de le rencontrer vraiment. Je ne m'imaginais pas que se serait vous, et je ne pouvais croire que la rencontre se produise enfin. Pourtant, dès la première rencontre, il n'y eu aucun doute, aucune hésitation,  je savais que c'était Vous.



Votre enseignement fut bref mais profond. Vous n'avez pas eu besoin d'insister, d'expliciter. Vous saviez ce j'attendais ou plutôt ce dont j'avais besoin pour continuer ma recherche. Quelques paroles, quelques explications. Un ton ferme, presque des ordres. Et voilà, à moi de faire le reste, de digérer et de mettre en pratique.



Le temps a passé et je vous ai écouté. J'ai mis en pratique votre enseignement avec beaucoup d'application et j'ai tenu bon. Loin de vous, Maya la magicienne opérait toujours. Vous étiez un Maître extraordinaire, le Maître parfait qui m'apportait en plus de son enseignement, la fierté de compter parmi vos quelques élèves.



Quand nous nous sommes revus, je n'ai pas compris votre attitude. Vous aviez changé. Maya s'endormait un peu. Vous m'aviez enseigné entre autre, le détachement ; est-ce pour cette raison que vous m'avez rejeté, vouliez-vous que je me détache aussi de vous ? Je vous ai vu sous les traits d'un humain imparfait , que pourriez-vous être d'autre qu'un humain ? Votre charisme avait disparu. Claude Maréchal (vous ne le connaissez pas) a dit «  les enseignants de yoga, à un moment donné, sont considérés comme des maîtres. Nous ne sommes pas des Maîtres. Personne n'est maître selon moi, même les soi-disant maîtres indiens. On est tous étudiants jusqu'au bout de sa vie et la vie peut nous apprendre à devenir simplement meilleurs ou non. ». Aurait-il raison ? Ne seriez-vous pas un Maître ?



En fait, je pense que vous resterez un Maître à qui je devrai beaucoup. Vous m'avez enseigné que « le yoga était comme un immeuble composé de plusieurs étages plateaux. On y chemine de bureau en bureau et si on atteint le bout du plateau on y découvre un escalier. On monte l'escalier et on débouche sur un nouveau plateau où on peut continuer à découvrir des bureaux totalement inattendus ».  Je pense que vous m'aviez précisé qu'il y avait sept étages.



Voilà , je suis sur l'escalier, je me retourne. Les yeux de mon corps sont légèrement humides,  et ils regardent vers Vous. Une énorme bouffée d'Amour envahit mon Cœur pendant que les pieds de mon corps gravissent les dernières marches.



Ananda


Copyright (C) . Tous droits réservés. Ananda Dyotis asbl            jeudi 19 avril 2012Contactez Ananda : ananda@dyotis.be